L'Amanita inopinata (parfois rattachée au genre Saproamanita sous le nom de Saproamanita inopinata, et couramment appelée Amanite inattendue ou Amanite noire) est une espèce de champignons basidiomycètes extrêmement originale. Contrairement à la quasi-totalité des amanites qui vivent en symbiose mycorhizienne avec les arbres, celle-ci possède un mode de vie saprotrophe, se nourrissant de matière organique en décomposition. Apparue mystérieusement en Europe dans les années 1970, elle intrigue les mycologues du monde entier.
| Partie du sporophore | Description détaillée |
|---|---|
| Chapeau | De taille moyenne, mesurant généralement entre 4 et 10 cm de diamètre. D'abord hémisphérique puis convexe à étalé, il présente une couleur caractéristique gris-brun sombre, brun foncé à noirâtre. Sa surface est densément recouverte de squames ou de méchules laineuses, lui donnant un aspect feutré qui évoque parfois un Strobilomyces. Sa marge est fortement enroulée à l'origine. |
| Lames | Libres, assez serrées. Leur couleur est initialement blanchâtre, puis elles virent nettement au saumon, à l'abricot ou au rose poudré avec l'âge [cite: 1.1.2, 1.1.5], et rosissent de façon prononcée lors de la dessiccation des spécimens. |
| Pied (Stipe) | Cylindrique ou fusiforme, s'affinant vers le bas en un pied radicant, sans bulbe basal net. La partie inférieure est ornementée de fines fibrilles écailleuses ou de poils récurvés sombres sur un fond saumoné ou ocre sale. Il possède un anneau grisâtre, pendant, parfois marginé ou bordé d'une ligne sombre sur la tranche. |
| Chair et Odeur | Chair blanche, devenant parfois rosâtre à l'exposition à l'air. Son odeur est faible à agréablement fongique ou un peu terreuse. |
| Caractères Microscopiques | Spores amyloïdes, elliptiques à ovoïdes. Présence remarquable de nombreuses boucles de conjugaison à la base des basides et sur les hyphes du voile général. |
L'écologie d'Amanita inopinata bouscule les codes de la famille : c'est une espèce saprotrophe qui ne dépend pas d'arbres hôtes spécifiques pour former des mycorhizes. Signalée pour la première fois en Nouvelle-Zélande (où son statut indigène fait débat) puis découverte en Europe à partir de 1976 (notamment au Royaume-Uni, en Belgique, en France et aux Pays-Bas), elle affectionne particulièrement les biotopes anthropisés et rudéralisés. On la rencontre dans les parcs urbains, les jardins botaniques, les cimetières, les bords de chemins ou sous divers arbres d'ornement (comme les érables ou les marronniers). Sa progression en Europe suggère une dispersion favorisée par les vents pour les sauts à grande distance.
En raison de sa rareté globale, de son apparition récente et de son appartenance à un groupe atypique dont les propriétés biochimiques et toxicologiques exactes méritent d'être approfondies, Amanita inopinata n'a aucun intérêt alimentaire et doit impérativement être laissée intacte lors des observations mycologiques.